Mobilisons nous pour la sauvegarde de l'enseignement et de la recherche ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Simon Thirot   
08-02-2009

Alors que la mobilisation des enseignants-chercheurs et des étudiants prend une ampleur sans précédent, le gouvernement choisit une nouvelle fois la stratégie du passage en force. Témoignant du même mépris à l’égard du monde universitaire que celui exprimé par Nicolas Sarkozy dans son discours du 22 janvier, Valérie Pécresse refuse toute concertation, préférant poursuivre son entreprise aveugle de destruction de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Aujourd’hui, c’est le principe même d’une université de qualité, démocratique et ouverte au plus grand nombre, indépendamment de critères financiers, qui est menacé. Les réformes en cours s’inscrivent en effet dans le droit fil de la transformation libérale de l'université française et poursuivent la précarisation des enseignants, la mise sous tutelle de la recherche et la détérioration de l’offre de formation engagée par la loi LRU.

Le projet de décret sur les enseignants-chercheurs dégrade profondément les conditions de travail de ces derniers en les soumettant au pouvoir discrétionnaire des seuls présidents d’université. Après évaluation des activités de recherche, selon des critères hautement contestables, ceux-ci auront en effet désormais la possibilité de sanctionner les « mauvais » enseignants-chercheurs en alourdissant leur charge de cours. Outre porter atteinte à l'indépendance de la recherche et favoriser les pratiques népotiques, une telle mesure, dans un contexte de pénurie de postes et de moyens, aura pour conséquence une généralisation massive des heures supplémentaires forcées pour les universitaires.

La réforme des conditions de formation et de recrutement des enseignants du secondaire et du primaire réalise quant à elle le tour de force de dégrader à la fois le niveau des futurs professeurs et leurs conditions de travail. Censée élever les qualifications, la mastérisation des concours de l’enseignement conduira en effet à l’inverse, de l’avis unanime des principaux syndicats, à un recul du niveau de connaissance. De plus, avec la suppression de l’année de stage rémunéré, les jeunes recrutés se retrouveront dans l’obligation d’enseigner à plein temps dès leur première rentrée, sans autre formation qu’un stage de quelques semaines en M2. Par ailleurs, ce projet de réforme ouvre également la possibilité pour l’éducation nationale de recruter parmi les recalés du master des vacataires payés "à l'heure effective" et donc privés de tout droit aux allocations chômage à la fin de la mission…

Que ce soit à l’université, dans le primaire ou dans le secondaire, le gouvernement poursuit à travers ces deux textes son attaque généralisée contre la connaissance. Plutôt que de créer les nouveaux postes indispensables au bon fonctionnement du système scolaire, il opte une nouvelle fois pour une précarisation massive du professorat dans notre pays. Complétant la longue liste des « réformes » menaçant l’avenir de notre système d’enseignement et de recherche (démantélement du CNRS, mise en place du nouveau contrat doctoral, transformation du lycée…), les décrets sur les enseignants-chercheurs et la masterisation des concours de l’enseignement sont des mesures idéologiques, inefficaces et dangereuses.

Pour garantir un système d’enseignement et de recherche de qualité en France, il y a urgence, mobilisons nous!

 

 
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