| Les salles de shoot |
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| Écrit par Theau Brigand | |
| 24-12-2009 | |
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"On ne peut plus accepter qu'il
existe à Paris des endroits connus où se retrouvent les consommateurs de crack
ou d'héroïne. ce sont des scènes ouvertes sur la violence sociale et
sanitaire". Jean Marie Le Guen a proposé au conseil de Paris la
mise en place de salles de shoot, c'est à dire une salle de consommation de
drogue médicalement assistée. Les consommateurs auraient donc accès à un lieu
ou l'hygiène serait assurée, les protégeant des risques sanitaires. En effet
les conditions d'hygiènes précaires de consommation actuelle de drogue
favorisent la transmission de maladies comme l'hépatite « B », leVIH
ou l'hépatite C (près de 60% des usagers de drogues injectables sont infectés
par l'hépatite C et un tiers ne sont pas
au courant de leur contamination). Il s'agit donc de permettre la mise en place
d'un espace institutionnalisé et contrôlé ou les consommateurs bénéficieront de
bonnes conditions sanitaires et seront accompagnés par un personnel médical
spécialisé. "Les toxicomanes qui se shootent dans la rue où dans les
cages d'escaliers sont dans une situation de précarité difficile, ces centres
seront le moyen de faire un premier pas dans le système de soin"
précise Pierre Chappard de l'association
d'usagers de drogues. Cette
mesure prend le contre-pied de la politique actuelle de culpabilisation face à
la drogue. Le gouvernement s'oppose à cette mesure! Prendre en charge des
drogués? Encore dépenser de l'argent des honnêtes citoyens pour s'occuper de
parasites, dépenser l'argent des entreprises pour ces déchets de la société? La
mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt)
se contente plutôt de rappeler à l'occasion de la dernière campagne de
sensibilisation sur la consommation de drogue que "l'usager encourt un an d'emprisonnement, 3 750 euros d'amende ou
l'une de ces deux peines seulement." Voila une solution innovante et d'une
efficacité indéniable pour sortir les consommateurs de l'addiction... Pourtant,
depuis les années 90, l'usage de produits psychotiques ne cesse d'augmenter, de
même que l'usage du subutex et la méthadone (produits de substitution). Nous
sommes face à une difficulté sociale qui ne cesse de s'aggraver, mais les
manières d'aborder le problème, qui ne montrent aucune efficacité, ne s'adaptent
pas pour autant. La
Mildt qui accuse M. Le Guen d'aller trop loin en cachant les toxicomanes refuse
en réalité de voir la réalité de l'usage de la drogue, que cela concerne
l'origine de la drogue et la nébuleuse des différents trafics qui en découlent,
les produits de coupes utilisés et donc le produit final utilisé sous ou
surdosés, les conditions de consommation... Les salles de shoot permettraient à l'inverse d'encadrer ces différentes
étapes. Il s'agit de refuser l'hypocrisie actuelle, d'accepter d'être
confronté à un problème social et de le traiter en conséquence et directement
tout en ayant des donnés fiables sur lesquels travailler. Ce type de
structure existe déjà à Genève, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne, et même
en Afghanistan avec des résultats encourageant que ce soit sur la violence, la
délinquance mais aussi pour la santé des consommateurs. "Jamais
personne n'est mort d'overdose dans une salle de consommation" déclare
Anne François de l'association Première Ligne qui s'occupe de ces lieux à
Genève. Ces
« drogueries » auraient donc une dimension véritablement pédagogique,
c'est un enjeu de santé publique, de prévention. Il s'agit d'une prise en
charge d'une population précaire pour apprendre un meilleur mode de
consommation, une meilleure gestion de l'addiction et surtout permettre un
accompagnement et une prise en charge directe pour en sortir. |
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